
19 février, 23h16, Mayence. Un dernier coup d’œil à Facebook avant de fermer l’ordinateur : depuis la Silicon Valley, Mark Zuckerberg vient d’annoncer qu’il rachète WhatsApp.
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“Krass”, me dis-je en voyant la notification. Je m’endors avec en tête ce rachat improbable.
Le lendemain matin, 7h30. Mon mari sort de la salle de bain, la radio allumée. “Crass”, dit-il lui aussi, “Facebook a racheté WhatsApp.” Même refrain sur mon ordinateur : toutes les plateformes ne parlent que de ça. Mais le chiffre qui claque, c’est le prix : 19 milliards de dollars.
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Ce jour-là, l’affaire s’impose comme le sujet numéro un chez les pros du digital. Par curiosité, je sonde mes amis : chacun a son avis sur la manœuvre, et le climat est étonnant.
Voici les réactions que je recueille :
- Certains s’en moquent royalement.
- Quelques rares personnes n’ont même pas vu passer l’info (un exploit, vu la saturation médiatique).
- D’autres se hâtent de désinstaller WhatsApp.
- Une majorité attend de voir ce qui va se dire, indécise sur la suite.
- Mais au fond, d’où vient cette agitation ? Et pourquoi un tel montant ? La logique économique ne suffit pas à expliquer la fièvre autour de ce rachat.
Pourquoi Facebook a mis autant sur la table ?
Zuckerberg n’en était pas à sa première tentative : il avait déjà approché WhatsApp, bien conscient que la messagerie représentait une menace. Sa croissance rapide, sa façon de privilégier des échanges intimistes, dérangeait le modèle Facebook, centré sur l’exposition de masse. De plus en plus de jeunes préféraient dialoguer en petits groupes, loin du tumulte des murs publics. Alors Facebook a dû agir avant que WhatsApp ne devienne incontrôlable. Pour Zuckerberg, c’était le moment ou jamais, quitte à sortir le carnet de chèques XXL.
Pourquoi une partie des utilisateurs vacille ?
Les failles de sécurité de WhatsApp n’avaient jusque-là pas dissuadé grand monde. Mais le rachat par Facebook fait ressurgir des craintes : croisement des données, stockage, traçabilité… Beaucoup redoutent que leurs échanges privés viennent grossir les bases de données du géant américain. Ceux qui n’utilisent pas Facebook voient d’un mauvais œil cette acquisition. Autre inquiétude : la publicité, jusque-là absente de WhatsApp, pourrait bien débarquer. C’était justement ce qui séduisait tant d’utilisateurs. Selon certains médias comme t3n, l’intégration à Facebook pourrait pousser WhatsApp à davantage de clarté et de respect des règles européennes sur la protection des données. Pourtant, pour beaucoup, l’image du groupe Facebook suffit à donner envie de prendre le large.
Quelles conséquences pour les utilisateurs ?
Avec ses 450 millions d’adeptes, WhatsApp ne justifie pas ses 19 milliards par la simple vente de l’application. Il faut bien rentabiliser l’opération, et la publicité s’impose comme la solution logique. Et là, la question des données revient au premier plan : si elles n’avaient pas déjà été “partagées” via Facebook, elles risquent de l’être à travers WhatsApp. Ceux qui veulent protéger leur vie privée commencent à chercher ailleurs. Ces derniers jours, les discussions sur les messageries alternatives se multiplient. Dans mon entourage, certains ont même franchi le pas et supprimé l’application.
Mon choix : Threema
>à l’article Hier, j’ai installé Threema. Sur le blog PraxisBlog, on en parlait déjà il y a plusieurs mois.
Honnêtement, j’avais repoussé le moment. Aucun de mes amis ne s’en servait, et je n’avais pas envie de me retrouver seule sur une appli vide. Pourtant, le fournisseur suisse derrière Threema mise sur la protection de la vie privée. Je ne vais pas détailler toutes les fonctionnalités ici : des articles fleurissent sur le web et le hashtag #Threema fait le tour de Twitter. L’application explose les compteurs de téléchargement.
Pour l’instant, je découvre l’appli solo, mais petit à petit, des contacts s’y mettent eux aussi. L’utilisation rappelle beaucoup WhatsApp, tant sur le fond que sur la forme. Il y a bien quelques soucis techniques liés à la vague d’inscriptions (par exemple, le surnom n’apparaît pas encore partout), mais rien de dramatique. Finalement, ça me plaît. Threema m’a permis de renouer avec des contacts à qui je n’aurais plus écrit sur WhatsApp. À chaque nouvelle conversation, la surprise revient : “Ah, toi aussi tu es là ? Depuis quand ? Qu’est-ce que tu en penses ?” On se met à discuter, simplement.
Pour moi, Threema, et dans une moindre mesure Telegram, profitent clairement du rapprochement entre Facebook et WhatsApp. Ce sont eux, pour l’instant, qui tirent leur épingle du jeu.
Mais une question me trotte dans la tête : Zuckerberg n’avait-il pas anticipé cette vague de réactions ? Et si oui, à quoi pensait-il réellement en validant ce rachat ? Ou alors, a-t-il perdu le contact avec les attentes de ses propres utilisateurs ?

