Un avion qui s’abîme dans le Tibre. Un élève pilote qui ne verra pas ses 23 ans. Ce n’est pas un scénario de film catastrophe, mais la réalité brute qui s’est imposée mardi 26 mai au soir, quand le corps de Daniele Papa a été extrait de la carcasse d’un biplace immergé.
Daniele Papa, tout proche de fêter ses 23 ans, n’aura pas eu le temps d’écrire la suite de son histoire. À son actif, déjà 41 missions de vol, de quoi voler seul sous la surveillance d’un instructeur, selon la réglementation. Mais ce soir-là, le sort s’est décidé en un instant. Les secours l’ont retrouvé à bord, retenu par sa ceinture de sécurité. Impossible de s’extraire. La fatalité ne lui a laissé aucune chance.
Les plongeurs des pompiers sont descendus à près de dix mètres de profondeur pour atteindre l’épave. Ils ont dû stabiliser l’avion avant de pouvoir récupérer la dépouille, enfermée dans l’habitacle. Un travail d’orfèvre, dans une eau opaque et glaciale, où chaque geste compte.
L’histoire a pris une tournure différente pour Giannandrea Cito, instructeur de la École de vol d’Urbe et aussi premier officier chez RyanAir depuis deux ans. Âgé de 30 ans, il était aux commandes avec Daniele. Lui, contrairement à son élève, a réussi à défaire sa ceinture et à sortir de l’avion dès que l’appareil a touché l’eau. Les secours de Pegaso 33 Elitana l’ont rapidement récupéré, et il a été évacué à l’hôpital par hélicoptère, blessé, mais vivant.
Ce sont les premières déclarations de Giannandrea Cito, toujours hospitalisé, victime de plusieurs fractures, mais hors de danger, qui ont orienté immédiatement les recherches vers l’appareil, un Diamond Avion DA20-C1 affichant à peine 1 080 heures au compteur. L’instructeur, après avoir réussi à sortir, a tenté en vain de libérer Daniele de son siège.
L’avion avait décollé de l’aéroport d’Urbe peu avant 15 heures ce lundi-là. Après quelques manœuvres d’urgence, le biplace a fini sa course dans le fleuve, à hauteur de la Via Vitorchiano, une artère parallèle à la Via Flaminia, tout près de l’aéroport de Via Salaria.
Les policiers fluviaux et les pompiers ont mené les recherches sans relâche, durant plus de 24 heures. La profondeur du Tibre à cet endroit, conjuguée à une visibilité quasi nulle, a rendu l’opération délicate jusqu’à la découverte du corps de Daniele, en fin d’après-midi. Même la récupération de l’avion et du jeune pilote a été ralentie par la force du courant.
Pour l’instant, l’enquête sur les causes du crash reste ouverte. Plusieurs pistes sont examinées, dont celle d’une défaillance technique. L’Agence nationale de la sécurité des vols a lancé une enquête et a dépêché un expert sur les lieux pour élucider ce drame.
La vague d’émotion n’a pas tardé à déferler. Le maire de Cerveteri, commune où vivait Daniele Papa, a exprimé sa peine, tout comme l’École Urbe Aero qui s’est rapprochée de la famille du jeune homme. Les mots, sobres mais lourds de sens, résonnent : « L’École Urbe Aero a appris avec une immense tristesse la découverte du corps sans vie de l’élève Daniele Papa, impliqué dans l’accident tragique d’hier. L’École adresse ses plus sincères condoléances et tout son soutien à la famille de Daniele face à ce drame. »
Reste le silence pesant de l’après-coup, quand les moteurs se taisent et que la vie reprend, sans Daniele, mais avec le souvenir brûlant d’un vol qui ne devait jamais s’arrêter là.
Ludovica Ancerotto

